Un mot de l’expo
Introduction à l’exposition du 3 au 10 mai 2008 à la Médiathèque Benjamin Rabier.
Puisqu’il faut toujours commencer par une phrase autant commencer par l’une des phrases emblématiques de la Résistance yonnaise. Cette phrase, qui, dès les premières recherches et rencontres pour préparer l’écriture du roman, a retenu notre attention, excité notre curiosité. Un alexandrin pour être précis. Celui-la même qui a été utilisé comme code lors d’un parachutage en juillet 1943. A son égard, les souvenirs divergeaient. Etait-ce “ Pourquoi me réveiller au souffle du printemps ? ” ou bien, subtile nuance : “ Pourquoi se réveiller au souffle du printemps ? ” ou encore comme l’écrit Armand Giraud : “ Faut-il se réveiller au souffle du printemps ? ”. Et bien tout le monde était de bonne foi et pourtant tout le monde semble avoir commis une légère erreur. Le mot de la fin, alors ? Il s’agit de “ Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ? ” ou selon les traductions “ Pourquoi me réveilles-tu, ô souffle du printemps ? ”. Car il s’agit bel et bien d’une traduction. Et c’est là que l’on ne dira jamais assez le rôle du hasard au cours d’un tel projet. L’origine de ce vers que nous venons de découvrir malheureusement après les premières impressions du livre se trouve au cœur d’un opéra de Jules Massenet, daté de 1892, qui s’inspire des “ souffrances du jeune Werther ”, un roman de … Goethe.
Goethe, donc, qui gravite tel un spectre autour du projet, lui qui symbolise le “ génie ” allemand, mais surtout lui qui habita à Weimar, tout proche des collines de Buchenwald. On raconte qu’il allait rêver sous “ son ” chêne. Comment alors ne pas regarder ce cendrier, réalisé par un détenu vers 1944 à partir des restes de l’arbre de Goethe qui dominait le camp, comme une pièce unique ? Chaque détenu connaissait la valeur symbolique de cet arbre. A nous d’en saisir aujourd’hui toute la portée.
Cendrier réalisé par un détenu de Buchenwald à partir des restes de l’Arbre de Goethe. (vers 1944-1945). Collection particulière.

Laisser un commentaire